L'ovalisation

Comment enrouler grace à l'effet KissCool

Pendant mes 10 premières années de pratique, j’ovalisais dans le thermique. D’abord parce qu’on m’avait appris comme ça, mais surtout parce que j’avais constaté que ça fonctionnait ! N’empêche que pendant tout ce temps, je me suis posé cette question : pourquoi ovaliser ? Après tout, on m’avait toujours expliqué que je devais perdre mes réflexes de terrien et adopter des réflexes d’oiseau, donc oublier mon référentiel terre et adopter le référentiel air.

Et donc, je ne comprenais pas pourquoi moi, je dérivais plus que le thermique, vu que nous étions tous les deux poussés par le vent à la même vitesse. Je m’imaginais nager en rond dans une piscine autour d’une bouée flottante. J’avais beau faire dix tours, ma bouée était toujours au centre de ma rotation. En reproduisant le même exercice dans une rivière, on obtiendrait le même résultat : on est dérivés à la même vitesse, et la bouée est toujours au centre de ma rotation.

Alors pourquoi, dans le ciel, je suis obligé d’allonger face au vent, et de raccourcir dos au vent ? Eh bien simplement parce qu’on évolue en 3D. Vu que ça m’a pris 10 ans pour comprendre, je vais te faire gagner un peu de temps. J’explique…

PS : je ne crois pas que KissCool existe encore. Donc, pour comprendre mon humour, tu dois avoir le même âge que moi, ce qui n’est pas bon signe pour toi…

Effet KissCool #1

Voilà un thermique tel que tu as l’habitude d’en voir la représentation. C’est un thermique qui monte tout droit, donc dans un environnement sans vent ni brise. Pour l’exploiter, je vais enrouler de façon absolument homogène, en maintenant une rotation constante, et ça va fonctionner !

Mais bon, franchement, tu en as enroulé beaucoup, toi, des thermiques comme ça ? Moi, jamais ! On est toujours sous l’influence de vent ou de brise. Donc, ça devient plus compliqué…

Voyons ça…

Dans le schéma ci-contre, on imagine un thermique qui monte à +3 m/s, et un vent d’un peu moins de 11 km/h, soit 3 m/s (comme par hasard).

Du coup, on a un thermique qui monte avec une pente globale de 45°.

Et toi, dans tout ça ?

Eh bien toi, tu as beau être champion du monde, rivaliser avec Hono, Seiko ou Cazaux, tu ne monteras jamais plus que ce que permet ton taux de chute mini. Disons que tu es super, super fort, et que tu arrives à maintenir ton Tc mini pendant l’ascension, dans une masse d’air montant à +3, toi, tu monteras à +2, et voilà à quoi ressemblera ta dérive.

Tu me vois venir, là ?

On superpose ta dérive de champion à la dérive du thermique et voilà ce qu’on obtient. Tu dérives plus que le thermique, et petit à petit, si tu n’ovalises pas, tu vas te faire éjecter sous le vent du thermique (adieu le titre en PWC).

Effet KissCool #1 : ovaliser te permet simplement de rester dans la zone ascendante.

Effet KissCool #2

Sur ce schéma tu peux voir une représentation du thermique classique, c’est à dire sans vent. Mais bon, on le sait, ça n’existe pas… Donc, en-dessous, il y a le même schéma, mais avec du vent.

Comme on l’a vu, plus on monte fort, moins on est dérivé. Donc, mon noyau qui monte plus fort sera moins dérivé que la périphérie, et on a de fortes chances de plutôt croiser des thermiques dont le noyau sera excentré, et plutôt au vent de celui-ci.

Effet KissCool #2 : ovaliser te permet de mieux noyauter

Effet KissCool #3

Le thermique offre un obstacle au vent. J’allais dire que je ne vais pas te faire un dessin, mais il est déjà fait. Zone au vent, sous le vent, laminaire, turbulences, je n’en rajoute pas…

Effet KissCool #3 : ovaliser te permet de rester dans la zone la plus laminaire

Effet KissCool #4

Voilà une jolie fontaine. C’est une assez bonne représentation de ce à quoi peut ressembler un thermique : une colonne montante, et tout autour des petites gouttes d’eau qui redescendent au sol (la dégueulante périphérique).

Maintenant imagine que je place un gros ventilateur sur le côté (qui soufflerait à un peu moins de 11 km/h), ou que j’aille à Genève. À ton avis, où se situeraient le maximum de petites gouttes qui descendent ? Tu as raison, sous le vent !

Effet KissCool #4 : ovaliser te permet de ne pas aller dans la grosse dégueulante.

Effet KissCool #5

Parlons pilotage maintenant. Imaginons que malgré tous ces bons conseils, tu t’es fait avoir, et tu te fais éjecter sous le vent du thermique. Et donc te voilà face au vent, dans la dégueulante et la turbulence, avec une finesse de daube qui dans certains cas pourrait être la même que la pente de ton thermique (effet bagnard), à lutter longtemps pour retrouver ton noyau. Ne préfèrerais-tu pas être sorti au vent, et retrouver ton noyau en un quart de tour ?

Quand j’élargis mon virage dans le thermique, je le fais toujours face au vent. Je sais que si j’en sors au vent, il me sera très facile d’y retourner, alors qu’en sortant sous le vent, ce sera beaucoup moins marrant (voir définition du seum).

Effet KissCool #5 : ovaliser te permet d’optimiser ton thermique.

Avant de se quitter, un petit bonus

Tu as dû déjà t’en apercevoir, quand tu montes dans du velu, plus besoin d’ovaliser. Pourquoi ? Eh bien parce que la différence de dérive entre ta trajectoire et celle du thermique est beaucoup moins importante. Quand tu montes à +8 dans du +9 (souviens-toi, tu es champion du monde), la différence de dérive est beaucoup moins importante que quand tu montes à +2 dans du +3.

Regarde le petit dessin, si tu ne me crois pas sur parole… En plus, quand tu montes à +8, tu prends quasi 500 m en 3 ou 4 tours de thermique. Pour un peu que ton noyau soit un peu large, pas besoin d’ovaliser, ou si peu !

Voilà, bonnes ovalisations !

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